Le son d’une alarme le matin a toujours suscité en moi rage et panique. Mais ce matin, malgré une bonne nuit de sommeil (bon, six heures ça va...) et une journée comme n’importe quelle autre à l’horizon, c’était plutôt rage et désespoir. J’avais paaaaaas envie d’aller au cours! J’aurai paaaaas envie d’aller au lab demain!
Et j’ai réalisé combien mes cours en sciences me rendent vraiment et très profondément malheureuse. J’ai dépassé le point de non-retour il y a un méchant boute lors duquel j’avais tellement ralenti, que je me suis arrêtée pour faire : « Ouin. Qu’est-ce qu’il m’a prit me lancer dans les sciences pures? ». Et là ça y’est, j’en ai plein le cul et je dois finir ce bac, de peine et de misère, même si, encore pire que d’avoir perdu toute motivation, je suis remplie d’une ANTI-motivation et meme de cynisme. Le prof explique un concepte, et j’ai envie de répondre « Ouin PIS?!? ».
Je me suis habillée dans le noir et j’ai chuggé un bol de céréales, yeux mi-clos en marchant tout croche et en grognant.
Puis en sortant, PACKLOW!, je me suis faite frapper sur toute mon axe frontal par le lever de soleil. Ça m’a swingé les idées hors du crâne et le souffle hors des alvéoles pulmonaires. Je me suis mise à marcher, aveuglée, vers l’arrêt de bus. J'ai descendu le boulevard Jourdan, qui, mouillé (comme a l'habitude, qu'il ait plu ou non) me reflétait les rayons de soleil dins yeux. J’admirais le ciel : un dégradé parfait de bleu mer, à jaune coco, à jaune soleil... et le soleil? Énorme! Mais plutôt jaune jus d’orange sans pulpe, juché en haut du stade Charlety au loin... Il me scintillait dans face à travers les méga supports à spot-lights du stade, qui ressemblent à des grosses tapettes à mouches... c’était comme un jaune d’oeuf coulant à travers les trous d’une spatule géante... mmmm... yum.

Ca ressemblait un peu a ca, avec une grosse tapette a mouche en avant et pas de freefoto.com en bas a droite. En fait, c'etait ben plus beau que ca...
Puis dans la partie bleue, un bleu rare en ta pour Paris, il y avait au moins 7 ou 8 grandes lignes blanches qui traversaient gracieusement le ciel... tsé là Marianne, les traces d’avions que t’aimes ben prendre en photo? Ben elles se mêlaient à quelques nuages cirus longs et minces... Une coupel de lignes étaient dans le processus d’être formées paresseusement dans la stratosphère... je me suis imaginée pour un instant en haut du mont Pinacle, regardant les bateaux à moteur tourner en rond sur le lac Lyster...
Je me suis trouvée une place assise dans le bus et j’ai ouvert mon livre "Le commerce équitable" à la page 80, où on y décrit un exemple d’une petite coopérative dans la province de Surin, en Thaïlande, qui rassemble presque 200 petits producteurs de riz. Un aperçu de son historique, son fonctionnement, ses défis et son progès de coopérative à filière... Puis j’ai fait, tiens tiens, quelque chose dont je serais fière de prendre part! J’ai pas ressenti ça depuis longtemps en sciences! Plutôt que de contribuer à la pollution et au gaspillage qu’est la chimie, à la compétition stressante de la recherche, qui lui fait perdre tout son sens («publish or perish»), à l’arnaque qu’est l’industrie pharmaceutique, et le « progrès » qu’amène la science dans notre monde... (un exemple parmi tant d'autres, mais un BIEN documenté: The World According to Monsanto) ...participer au développement international, quelle idée... ça fait juste depui ma 2e année à l'uni que j’y pense.
Quand même, y’a pire que de se rendre compte qu’on aime plus ce qu’on fait, et c’est d'être incapable de trouver ce qui nous rend heureux. J’me rendrai pas là de ci-tôt! Et si une couple d’autres levers de soleil comme celui-là peuvent me faire traverser les exams, le stage et la thèse, je vais tourner la page de ce chapitre, ou plutôt fermer le couvert de ce volume (c’est long pareil une vie!), et passer à un autre, avec un sourire de satisfaction et des papillons d’anticipation...
Checkez'moi ben aller, mon oeuf est pas encore cuit dur! ...je sais pas ce que ca veut dire, mais je suis certaine que vous pouvez trouver une signification ben songee a cette phrase...













